Co-cathédrale Saint-Jean – Avec VIDEOS

Complément aux pp. 25 à 36 du guide LA VALETTE – Parcours-promenades

Histoire de l’église conventuelle
des Chevaliers de Malte

  • Eglise conventuelle dédiée au saint patron de l’Ordre de Saint-Jean : saint Jean-Baptiste ou saint Jean-le-Baptiste.
  • Décidée sous le grand magistère de Pietro Ciocchi del Monte San Savino, sa construction débuta en 1573 sous le règne de Jean Levesque de La Cassière (qui l’aurait financée). Elle fut terminée cinq années plus tard. De La Cassière contribua largement au financement de cette église conventuelle (totalement, paraît-il même).
  • On l’attribue à l’architecte maltais Girolamo Cassar (qu prit la succession de l’architecte italien Francesco Laparelli).
  • Elevée à la dignité de cathédrale par Pie VII en 1816.
    Co-cathédrale car elle partage ce titre avec la cathédrale St-Pierre et Paul située à  Mdina (ancienne capitale de Malte).

Contraste entre extérieur et intérieur

L’église se caractérise par la combinaison de deux styles architecturaux.


L’extérieur, d’aspect plutôt austère, est de style maniériste
(style adopté en Europe et surtout en Italie entre 1520 et 1590).
Alors qu’aux deux siècles suivants, à La Valette, de nombreuses façades furent remaniées en style baroque, ce ne fut pas le cas pour celle de l’église conventuelle de l’Ordre.

L’intérieur – à l’origine modeste –  sera, a contrario, particulièrement enrichi de baroque, dès le début du XVIIe et plus encore dans les années 1660, sous l’impulsion du Grand Maître Rafael Cottoner y de Oleza (1660-1663). Cette ornementation se poursuivra sous le grand magistère de son frère, Nicolas Cottoner (1663-1680).

L’église fut continuellement embellie, grâce aux contributions de Grands Maîtres, de Chevaliers et de dignitaires étrangers ; jusqu’à devenir un des plus beaux exemples de baroque religieux : monuments, motifs sculpturaux, peintures, dorures, marbres, magnifiques mausolées…
   

Sol


Dallage de plaques tombales incrustées de marbre polychrome.
Les épitaphes de ces illustres Chevaliers sont inscrites en latin et chaque plaque est imagée de blasons et de scènes allégoriques de la vie du défunt accompagnés d’évocations funèbres (représentation de batailles, d’armes, de squelettes, de crânes…).

Voûte


Début XVIIe, on fit venir le peintre Mattia Preti d’Italie pour décorer la voûte (cf. guide, page 32). Preti représenta la vie de saint Jean-Baptiste, en 18 épisodes (3 épisodes dans chacune des 6 baies).

 

CHAPELLES

Huit « chapelles de Langue »

  • Voulues par le Grand Maître Jean Levesque de La Cassière au moment de la construction de l’église (le lion, partition des armoiries de La Cassière, est représenté dans la coupole de chacune d’elles).
  • Chaque chapelle de Langue est dédiée au saint patron de la Langue.
  • Elles sont distribuées à partir du maître-autel, par ordre d’ancienneté de la Langue dans l’Ordre.
    Les trois Langues françaises sont les plus anciennes : les chapelles de Provence, France et Auvergne sont donc les plus proches de l’autel.
    Viennent ensuite : Italie, Aragon, Castille et Allemagne.
    Exception pour la chapelle de la Langue anglo-bavaroise, la Langue la plus récente : chapelle placée à gauche du maître-autel, derrière celle de la Langue de Provence.
  • Chaque Langue avait la charge de sa chapelle.
    Dès le début du XVIIe, chaque groupe commença à embellir sa propre chapelle. Dans chacune, au moins un mausolée comprenant la dépouille d’un Grand Maître. les plus remarquables, les mausolées des frères Rafael et Nicolas Cottoner (chapelle d’Aragon) et celui d’Emanuel de Vilhena (chapelle de Castille).
  • Dans les années 1660, les chapelles furent connectées entre elles.

Chapelle Notre-Dame de Philerme
Chapelle du Saint-Sacrement

  • La première chapelle à droite du maître-autel (entrée marquée par une balustrade en marbre et une grille en argent) était dédiée à Notre-Dame de Philerme.
  • Chapelle d’importance pour l’ensemble des Chevaliers car elle renfermait l’icône que l’Ordre avait précieusement conservée depuis Jérusalem jusqu’à Rhodes, au Mont Philerimos (cf. guide p. 34).
  • Les Chevaliers accordaient à cette icône des pouvoirs miraculeux. Avant le départ pour la bataille, ils venaient prier Notre-Dame de Philerme pour la victoire.
  • En 1798, lors de l’expulsion de l’Ordre de Malte, la précieuse icône a été emportée par le Grand Maître d’alors : Ferdinand Von Hompesch zu Bolheim. L’icône d’origine, après être passée par Saint-Petersbourg et dissimulée dans un monastère pendant la Révolution russe, est aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-arts du Monténégro.

De nos jours, cette chapelle est réservée à l’eucharistie. C’est ici qu’est conservé le Saint-Sacrement.

Crypte

Dans la crypte reposent 12 des Grands Maîtres à Malte.

Visite crypte. Par souci de conservation, elle n’est pas ouverte aux visiteurs.Sauf sur demande préalable. – Un écran disposé devant l’entrée vous permet d’en avoir un aperçu.

Visite vidéo – en anglais – par la conservatrice du musée, Cynthia de Giorgio.

Oratoire

  • A l’origine, un lieu de dévotion pour les novices. Il a été créé, début XVIIe, sous le grand magistère d’Alof de Wignacourt.
  • L’oratoire est dominé par la monumentale œuvre du Caravage : La Décollation de Saint-Jean.
    «Le Grand Maître régnant, Alof de Wignacourt cherchait un artiste pour embellir l’église conventuelle et pour réaliser une peinture propice à la méditation des jeunes novices. C’est ainsi que l’Oratoire a accueilli l’un des plus grands tableaux de l’artiste renommé, Le Caravage : La Décollation de Saint-Jean-Baptiste (St-Jean Baptiste, saint patron de l’Ordre »
    Extrait du site internet de la co-cathédrale – en anglais – : Caravaggio 1581-1610
    La Décollation de Saint-Jean est la seule œuvre signée par le Caravage. Cette signature a été révélée lors de la restauration de l’œuvre (1997-99) :

    f. michel. : F. pour frère
    F ou Fra, comme pour  tous les Chevaliers
    Michel. : pour Michelangelo.


La magnifique entrée de l’oratoire, avec ses colonnes de marbre, a été conçue par l’architecte italien Romano Carapecchia.

Les peintures en plafond sont de Mattia Preti.

 

Musée

Parmi les collections, notamment : des vêtements et ornements liturgiques, des manuscrits magnifiquement enluminés, une galerie de tableaux… et surtout les fameuses tapisseries flamandes.

Infos pratiques

Durée de la visite : compter 45 minutes à 1 heure.
Horaires cathédrale : 9h30 – Dernière entrée : 16h00.
Pas de visite le dimanche et les jours fériés, ni lors d’un office important.
Horaires musée & oratoire : lundi à vendredi, 9h30 à 16h00 ; samedi, 9h30 à 12h00.
Tarifs pour église, oratoire et musée – y compris audio-guide – :
Adultes : 10,00 € – Séniors et étudiants : 7,50 € – Enfants moins de 12 ans : gratuit.
Conseil : Privilégier une visite le matin à l’ouverture ou en milieu d’après-midi.
___