Chevaliers de Malte – Histoire d’un Ordre souverain

Extrait du site de la co-cathédrale Saint-Jean, à La Valette.
La co-cathédrale Saint-Jean est à l’origine l’église conventuelle de l’Ordre des Chevaliers de Malte (jusqu’en 1798, date à laquelle les Chevaliers furent chassés de Malte par Bonaparte).
Vous souhaitez la version officielle de l’Ordre de Malte, voir point B, plus bas.

A – Histoire d’un ordre souverain
(version co-cathédrale Saint-Jean)

« Les origines de l’Ordre, connu sous le nom des Chevaliers Hospitaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem, de Rhodes et de Malte, remontent aux alentours de 1050 quand la République d’Amalfi obtint la permission du Calife Ali az-Zahir d’Egypte de construire un hospice à Jérusalem ainsi qu’une église et un couvent pour offrir des traitements et des soins aux pèlerins de toutes confessions et de toutes ethnies. L’hospice fut construit sur le site du monastère de Saint-Jean-le-Baptiste et fut servi par les frères bénédictins. »

« Suite à la Première Croisade, et sous la supervision de son fondateur, Gérard le bienheureux, la création de l’Hôpital et de son Ordre fut agréé par une bulle papale délivrée par le Pape Pascal II en 1113. Placée sous l’égide du Saint Siège, la communauté (maintenant connue sous le nom de L’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem) avait le droit d’élire librement ses supérieurs sans aucune interférence de la part d’autres autorités laïques ou religieuses.

Après la chute de la Terre Sainte, l’Ordre se déplaça vers le Royaume de Chypre. Se laissant rapidement entraîner dans les politiques du royaume, l’Ordre se tourna vers l’île de Rhodes pour s’y établir. En 1310, le Grand Maître Foulques de Villaret acheva une campagne victorieuse de deux ans en s’emparant du territoire, ainsi qu’un certain nombre d’îles voisines.

Pour survivre aux menaces constantes des pirates barbaresques et des forces égyptiennes et ottomanes, l’Ordre fut contraint de devenir davantage une organisation militaire et créa une puissante flotte navale.

À partir du 14ème siècle, les membres de l’Ordre étaient groupés selon les régions (ces groupes étaient connus sous le nom de « Langues »). Les sept Langues initiales étaient Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon (Navarre), Angleterre (avec Écosse et Irlande) et Allemagne. En 1492, Castille et Portugal se séparèrent de la Langue d’Aragon et constituèrent la huitième Langue. Chaque Langue incluait les Prieurés, les Bailliages et les Commanderies. L’Ordre était gouverné par son Grand Maître et le Conseil. Il frappait également sa propre monnaie.

En 1522, une armada d’invasion composée de 400 navires sous le commandement du Sultan Soliman le Magnifique déferla sur l’Ordre à Rhodes. Contre cette force de 200 000 Ottomans, les Chevaliers, sous les ordres du Grand Maître Philippe de Villiers de L’Isle-Adam, avaient environ 7 000 hommes d’armes. Les six mois de siège se terminèrent finalement par la reddition des braves Chevaliers. Les survivants eurent la permission de quitter Rhodes avec les honneurs militaires, alors en 1523 ils se retirèrent en Sicile.

L’Ordre avait perdu son territoire et passa sept années à aller de place en place à travers l’Europe jusqu’à ce qu’en 1530, le Saint-Empereur romain, le Roi Charles Quint d’Espagne, donna aux Chevaliers les Îles maltaises et le port nord-africain de Tripoli en tant que fief, sous la suzeraineté du Vice-roi espagnol de Sicile. Le frais annuel était un seul faucon Maltais.

Depuis leur nouvelle base et avec un petit nombre de navires, les Chevaliers s’avérèrent bientôt être de nouveau une épine dans le pied des Ottomans. Il ne fallut pas attendre longtemps avant que Soliman le Magnifique rassemble une nouvelle force d’invasion massive, composée d’environ 48 000 hommes, dont certains de ses guerriers d’élite. En 1565, les Turcs envahirent Malte. Ce qui devint connu comme Le Grand Siège de Malte donna lieu à une des plus grandes victoires de l’histoire pour une force défensive en sous-effectif et en large infériorité numérique. Sous le commandement inspiré du Grand Maître Jean Parisot de La Valette, 700 Chevaliers, 2 000 soldats professionnels et 3 000 milices venant de la population maltaise s’enrôlèrent, et une poignée de serviteurs et d’esclaves combattirent vaillamment pendant trois mois jusqu’à ce que la victoire soit acquise.

Également en 1565, à la suite du Grand Siège, il semble que les Chevaliers firent le serment de transformer Malte en une forteresse qui conviendrait à un Ordre militaire avec une capitale digne de ce groupe de nobles si illustres. La première pierre fut posée par La Valette pour la ville qui allait porter son nom, et la place d’honneur, c’est-à-dire au centre de la ville, fut réservée à Saint-Jean, l’Église de l’Ordre.

La flotte de l’Ordre, devenant l’une des plus puissantes de la région méditerranéenne, contribua à la destruction finale du pouvoir naval ottoman lors de la bataille de Lépante en 1571.

La Règle de l’Ordre, qui interdisait aux Chevaliers de porter les armes contre leurs frères chrétiens, allait finalement entraîner leur chute à Malte, quand Napoléon Bonaparte occupa l’île pendant sa campagne d’Égypte. Initialement, les Chevaliers accordèrent la requête de Napoléon qui demandait un endroit sûr pour réapprovisionner ses navires, mais une fois sur l’île, il se retourna contre ses hôtes, s’appropriant Malte et les Chevaliers furent forcés de quitter l’île. Les Britanniques occupèrent Malte en 1800, mais, bien que les droits souverains de l’Ordre avaient été reconnus par le Traité d’Amiens (1802), l’Ordre ne fut jamais autorisé à revenir à Malte.

Au commencement du 19ème siècle, l’Ordre avait été sévèrement affaibli. La gouvernance de l’Ordre tomba sous le contrôle de Lieutenants de 1805 à 1879, jusqu’à ce que le Pape Léon XIII rétablisse un Grand Maître pour prendre la direction de l’Ordre et marqua la reprise du destin de l’Ordre. L’Ordre ranimé établit son quartier général à Rome en tant qu’organisation humanitaire et religieuse et devint connu sous le nom de l’Ordre Souverain Militaire de Malte.

Les activités hospitalières et caritatives à grande échelle furent réalisées pendant les deux Guerres mondiales sous le Grand Maître Ludovico Chigi Albani della Rovere. L’Ordre reste une organisation catholique qui déclare une souveraineté sous la loi internationale et à qui a été accordé un statut permanent d’observateur aux Nations Unies.« 

Extrait du suite officiel de la co-cathédrale Saint-Jean, page About the Knights

B – Histoire d’un ordre souverain
(information officielle Ordre de Malte)

« La naissance de l’Ordre de Saint-Jean remonte à 1048. Il semblerait que certains marchands de l’ancienne république maritime d’Amalfi obtinrent l’autorisation du Calife d’Egypte de construire à Jérusalem une église, un couvent ainsi qu’un hôpital afin de pouvoir prêter assistance aux pèlerins de toutes races et religions.

L’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem – communauté monastique vouée à la gestion de l’hôpital pour l’assistance des pèlerins en Terre Sainte – devint indépendant sous la conduite de son fondateur le bienheureux Gérard. Par bulle papale du 15 février 1113, le Pape Pascal II, place l’hôpital de Saint-Jean sous la tutelle du Saint-Siège, lui permettant d’élire librement ses chefs, sans interférence de la part d’autres autorités laïques ou religieuses. En vertu de cette bulle, l’hôpital devint un Ordre religieux laïc. Tous les Chevaliers étaient des religieux, liés par trois vœux monastiques : pauvreté, chasteté et obéissance.

La Constitution du Règne de Jérusalem oblige l’Ordre à assumer la défense militaire des malades et des pèlerins et à protéger ses centres médicaux et les routes principales. A sa mission hospitalière l’Ordre ajoute la défense de la foi. Ensuite, l’Ordre adopte la Croix blanche à huit pointes qui représente encore aujourd’hui son symbole. … »

Savoir plus… Continuer sur la page suivante : Ordre de Malte – De 1048 à nos jours (sur ce blog MALTE et La Valette).